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Il y a dans ma mémoire...
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25042021
Il y a dans ma mémoire...
« J’adore toute chose,
Mon cœur est une auberge qui la nuit reste ouverte »
Fernando Pessoa
Il y a dans ma mémoire des chemins
Aux mille visages d’automne
Aux traits fins comme des fils d’or
Et des lumières boutant l’obscurité
Des feuilles aux sons cristallins
Des papillotes défroissées de nuit,
Des mains puissantes et tranquilles
D’hommes forgeant la matrice du rêve.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Aux yeux de jade ouverts à l’enfance
Des goélands chorégraphes martelant le sol
Des badauds ébahis stoppant leur fuite en avant
Et encore tant et tant de l’invisible,
L’homme regardant le petit d’homme
Scruter l’horizon, ce qu’il ne voit pas
Mais imagine seulement, et l’enfant
De songer à ce que l’adulte ne peut saisir !
Il y a dans ma mémoire des chemins
Aux bras de mots qui me parlent d’un ange
Le temps d’une chanson, d’un mirage,
D’odeurs féminines aux rondeurs sensuelles,
Un monde sans frontières, sexué d’envies,
Recommencées au petit jour après la nuit,
Au cœur de pierre d’un bout de terre
Corps picturaux aux pinceaux de nos doigts,
Tu étais moi et j’étais toi, tesselles inabouties.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Au talon d’Achille éphémère
Se perdant en mer, cotres sans proue
Voie d’eau au bouillonnement incessant,
Tourmente et gros temps qui se hissent,
L’esprit se lâche, les muscles se crispent
Et l’homme toujours lui, passe et repasse
Et ne se lasse de tant de gaucheries
Mais demeure le firmament, la voix écoute !
Il y a dans ma mémoire des chemins
A fleur de peau, épiderme sensible
Caresses du vent des voix des mains
Baisers sans lendemain et au matin
Des recommencements, va pour demain !
Et les choses s’éclairent de peut-être
Et la désinence reparaît possible
Un quelque chose de naissant
Comme une orchidée au printemps.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Frileux et fébriles comme une longue attente
Délivrance du cœur du corps de l’âme
Que sais-je, de ces choses essentielles
Qui nous manquent lorsqu’elles sont absentes.
Il y a bien sûr l’anonymat la solitude
Les bisbilles les mesquineries les sots
Ces foules immobiles qui se pressent
De raccrocher l’horloge du temps !
Il y a dans ma mémoire des chemins
Cousus de novas menant à Sirius
Là où l’air l’eau la terre le feu se mêlent,
Alchimie appendue à mes songes
Les plus insensés, riches de métaphores
Qu’au plat de terre, je cueille quelquefois
Au grenier noir et blanc argentique
Souvenances de couleurs vives et enjouées,
Etoiles filantes aux poussières voyageuses.
Il y a dans ma mémoire des chemins
De rires éployés aux larmes chaudes
Venus de sourires tendres et anodins
Crayonnés par des enfants turbulents
Raturés par quelques adultes enlaidis
Aux rictus douloureux et circonstanciels !
L’insignifiance s’étale au monde
Et le signifiant cherche l’alcôve
Dans le silence des pierres anciennes.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Aux parcours enluminés de fantastique,
Bateleur fendant l’eau du cirque
A la toile tendue de l’audace écumante...
Clown au masque inapproprié
Riant de ses imperfections inexactes
Il pleure les joies qu’il n’a su garder
D’un temps ayant défilé au rouet,
Fil ténu parsemé de robes de vie.
Il y a dans ma mémoire des chemins
De femmes enguenillées de trophées,
Aux cœurs étrillés, les corps dépecés,
Elles pleurent des mots d’amants écourtés
Plongent et courent nues dans l’océan tamisé
De bleus à l’âme, de dyspnées, dissemblables
Elles déshabillent les hommes de déplaisirs
S’abîment d’effrois possessifs, se ferment,
Conques ensommeillées au soleil froid.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Empoussiérés, escarpés, aux montagnes nues
Rosies au petit matin du sang de la nuit,
Égrenées de corps outragés, chapelets
Macabres sous des cieux éthérés.
L’humanité vacille, la haine de l’autre s’emballe
Elle claque comme un fouet d’un autre âge
Les visages disparaissent sous un voile
Posé sur les stigmates barbares sans avenir.
Il y a dans ma mémoire des chemins
Qui s’enroulent aux flèches de rocs,
Aiguilles aux mains lestées de nuages
Filant mon intranquillité imparfaite
Tout à côté de Dieu dont je ne sais rien.
Écharpé dans ces méandres hasardeux
S’accroît en moi l’insondable
Source régénérante du silence
Vicinalité d’amour à la vie !
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